Samedi 24 mars 2007
Réécriture du chapitre"Boisson et nourriture" de l’œuvre de Gibran le " Prophète"
Alors un homme âgé, aubergiste, dit : parle-nous de boire et de manger.
Il répondit :
J’espérerais que vous puissiez vivre telle une plante, qui de la lumière s’alimente Et sente le parfum de la terre.
Mais comme faire mourir est, pour vous, pour se nourrir et afin que votre soif soit
Étanchée, le nouveau-né du lait de sa mère est arraché, que ce soit un fait de respect.
Et que votre table ronde soit une réception d’offrandes, on sacrifie de pauvres et innocentes créatures qui traînent dans la plaine et la nature, au profit de ce que l’homme a de plus pur.
Quand une bête de vos mains meurt, dites-lui en votre cœur :
« Par cette même force qui te sacrifie, va aussi m’immoler et je serai avalé.
Car le droit qui t’a remis entre mes doigts me remettra entre d’autres plus puissants et plus froids.
Nos deux sangs ne sont que la sève de l’arbre céleste. »
Et quand de vos dents vous broyez un fruit, en votre cœur dites-lui :
« Dans mon corps tes graines demeureront en vie et dans mon cœur tes bourgeons seront fleuris.
Ton parfum serait ce que je respirais,
Et avec toi, par toutes les saisons, je réjouirais. »
A l'automne, lors de la cueillette du raisin de vos vignes, en votre cœur dites
« Moi aussi est une vigne et mes grappes seront pressées,
Et comme le vin de l’année, dans des jarres, je serai classé. »
En hiver, pour chaque coupe, il y a en votre cœur, une chanson de mémoire,
On rappelle les jours d’automne, la vigne et le pressoir.
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